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boubou59 a écrit :Contrairement à ce que certains ( ceux qui ne sont jamais passé par là) pensent, les projets autres ne vous feront pas venir bébé plus vite mais je suis sure que cela fait du bien au couple.
En effet, s'investir à deux dans des projets vacances, maison, bricolage, déco, associatifs, sorties... permet de se donner un élan à 2 qui est nécessaire à la vie du couple. Ne pas investir que dans les projets bébé fait aussi donner d'autres sujets de conversation et permet de s'evader ensemble. C'est bon pour le moral quoi.


C'est bon pour le moral parce que c'est enfin quelque chose de normal, et ça fait du bien ! :D

Et je peux garantir que pour un couple qui échoue dans son désir d'enfant, c'est mieux d'avoir placé d'autres espoirs ailleurs, parce que si l'enfant est le seul but, on se retrouve très démuni quand on réalise qu'il vaut mieux arrêter. Au contraire, si on a l'habitude de mener plusieurs projets de front, la vie continue beaucoup plus facilement même en cas d'échec.

Minouchette c'est normal que tu n'acceptes pas ton infertilité. Je pense que beaucoup d'entre nous la vivent comme un "handicap". La rejeter ou la nier pour certaines, c'est croire encore qu'il sera possible d'avoir un bébé "de l'amour" et pas un bébé "de la science". Comment pourrait-on trouver facile d'associer un tas de gens (médecins, infirmières, échographistes, laborantins, psy...) à la conception d'un enfant, là où les autres réussissent en faisant l'amour ?

C'est tellement énorme, tellement disproportionné, tellement "anormal" que c'est normal de vouloir rejeter tout ça.

Comme le dit Boubou, il faut un certain temps pour comprendre que cette aide est indispensable et l'accepter. Parce qu'accepter l'aide, c'est reconnaître que quelque chose ne va pas chez nous, quelque chose d'intime, et c'est accepter de mettre son intimité à nu, de braver sa pudeur, ses interdits et son amour propre.

J'aime bien l'idée du "entrer en guerre" comme le dit Boubou, je ressens ça pareil ! ;) Mais la guerre tu ne la gagnes pas forcément... Je me souviens d'une phrase d'un livre sur l'infertilité écrit par Chantal Ramogida (Association Pauline et Adrien). Presqu'au début de son livre elle disait :" la procréation médicalement assistée est, pour la plupart des couples, un rêve d'enfant qui ne se concrétisera jamais".

Quand j'ai lu ça, je me suis dit "à quoi bon essayer alors ?"

Mais j'ai essayé quand même, comme un petit soldat j'ai fait tout ce qu'on m'a dit, j'ai obéi, j'ai subi, j'ai ronchonné. J'ai perdu la guerre, c'est vrai ! Mais je ne regrette pas d'avoir tenté les batailles, si je n'avais rien tenté, là j'aurais vraiment perdu. ;)

Prépare tes armes pour entrer dans la bataille Minouchette et garde à l'esprit que celui qui ne tente rien, n'a rien. Mais tu as le droit d'attendre d'être prête (c'est même mieux) pour te donner toutes les chances de te battre efficacement ! ;)
Toute chose prend sa source dans le voeu des hommes
Quand j'ai appris que depuis 2 ans je suivais des tt pour rien, que j'avais les trompes bouchées, j'ai marché marché dans Paris en pleurant et geignat tout ce que je pouvais. Je me sentais diminuée. Ne pas avoir d'enfant, par choix ou parce que la vie fait qu'on ne rencontre pas le père, c'est une chose. Apprendre qu'on en est incapable... c'est comme perdre toute une part de sa féminité.

Je suis passée par l'étape FIV. J'ai eu l'immense chance, et je la mesure tous les jours, que ça réussisse. Je l'ai traversée comme une somnambule. J'ai fait subi, fait subir à mon corps. J'ai perdu toute pudeur, je me suis détachée de moi-même. Ce n'est qu'après, bien après, que je me suis dit : comment ai-je pu ?
Oui c'est une épreuve. Et une guerre. Et oui ça fragilise le couple. Mais quand j'ai écrit (je n'ai pas pu lui dire en face) à mon môm : est-ce que tu m'aimeras encore, si je ne peux pas avoir d'enfant ? Et qu'il m'a répondu : on peut partager d'autres projets dans la vie, alors j'ai su qu'au moins sur un point je ne m'étais pas trompée, et qu'il était vraiment l'homme que j'aimais.
"Le même qui, honteux d’être un sans-coeur trop occupé de soi, aimerait s’oublier comme, quelque part, on oublie son parapluie."
Michel Leiris
Est ce que la stérilité remet en cause mon couple ?

Je dirais oui :plus précisément elle n’est pas la cause des problèmes de couple, elle en est le révélateur. Je m’explique.
Je me suis rendu compte que depuis que j’ai rencontré Zhomm, nous nous sommes installés parce qu’on a trouvé tous les 2 un boulot sur Lille, nous avons acheté une maison parce qu’au bout d’un moment louer à fonds perdu c’était plus raisonnable et ensuite dans l’ordre des choses on a décidé de se lancer dans les essais bébé. La seule chose qu’on a pas fait dans la logique de tout ce que les autres font c’est se marier. (J’aurais déjà du à ce moment là m’interroger sur ce refus du mariage). A l’arrêt de la pilule pas de reprise des cycles, on me parle des OPK, d’après la gygy il faut absolument que j’aille voir une endocrino et faire un régime. Je me sent coupable, les régimes que de mauvais souvenir, mais je fini par m’y mettre au bout d’un an, je retrouve des cycle ca s’arrange sauf qu’au vu du dossier médical de Zhomm on lui fait passer un spermogramme et là patatra le ciel te tombe sur la tête : Oligoasthénospermie sévère : la gygy ne voit que les FIV ICSI. Déjà à supporter le régime, plus plusieurs connaissances qui ont eu de mauvaises expériences des FIV je ne me sent pas prête à me lancer là dedans tout de suite. Du coup Zhomm ne fait même pas la procédure de conservation de sperme pour « préserver » nos chances ultérieures.
Il me faut du temps pour digérer les choses, entre-temps j’ai de gros soucis avec ma maman j’ai vraiment pas la tête à ça. Fin juillet maman va mieux et Zhomm me sort comme ça entre la poire et le dessert comme on dit « Moi je suis prêt à l’adoption » j’ai failli m’étrangler.
J’y ai réfléchi et en faisant le tour sur des sites à propos de l’adoption, où l’on te donne les questions les plus courantes posées pour avoir l’agrément, j’ai trouvé cette question : quelle est votre conception de la famille, de l’éducation. Et là j’ai trouvé la clé : je n’ai absolument pas la même conception que mon homme : lui est a été élevé dans l’optique on fourni tout tout cuit à son enfant, on ne coupe jamais le cordon, tout le monde se mêle de tout. Moi ma vision c’est on apporte ce qu’il faut à l’enfant pour qu’il grandisse, qu’il devienne autonome : je peux vivre sans passer mon temps à demander l’avis de papa maman. Ils m’aiment je le sait ils sont là si besoin mais ne vont pas imposer leur vues. Ce n’est pas mes parents qui contrairement à mes beaux parents vont me trouver tous les exemples montrant A+B que l’adoption ne marche pas… fin bref je ne me voit pas avoir un enfant avec lui. Il m’a fallu du temps pour comprendre ça : je ne l’aime pas assez pour subir tout ça . Je m’ennuie avec lui et on ne fait pas un bébé pour combler son ennuie. C’est marrant mais mon généraliste l’a vu avant moi : il y a un mois il m’a dit : mais il ne faut pas vous sentir coupable de ne pas vous lancer dans la PMA, c’est très dur et puis qui sait si un jour vous ne rencontrerez pas quelqu’un avec qui vous aurez des enfants plus facilement.

Si on avait eu un bébé naturellement comme beaucoup de couple, on finirait peut être aussi par se séparer ou alors je resterais rien que pour lui et au final c’est le petit qui prendrait. La stérilité m’a obligée a réfléchir sur mon couple. Sans elle je ne me serait pas poser les bonnes questions. Le plus dur arrive maintenant : essayer de m’expliquer avec Zhomm mais il est dans la position du « pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »

En ce qui concerne les projets commun autres que le projet bébé je trouve ça très important aussi : par exemple moi j’aimerais améliorer ma maison (je ne parle pas d’abattre des murs, des travaux simples) et bien même ça Zhomm ne veut pas, il traîne il faut que je le pousse pour ça tout le temps c’est usant : Alors s’il est pas capable de se prendre en charge pour essayer de préparer un petit nid douillet alors que ce n’est qu’une petite bataille comment pourrait on s’engager dans une guerre ( que ce soit PMA ou Adoption). Et puis du coup même si le projet bébé n’avance pas toujours ça permet au couple d’avoir « construit » quelque chose, d’avoir mener à bien un projet, de ne pas être uniquement sur l'echec du projet bébé.

Voilà je sais je suis très longue mais je voulais faire partager mon expérience.
Bonjour Mapsy,

je suis d'accord avec toi, en effet la stérilité, comme toutles problèmes et soucis graves, accident de parcours de la vie, remet en cause les fondements du couple, les raisons pour lesquelles un homme et une femme sont ensembles. Quelle est leur vision de la vie etc.

Hier j'ai dit à mon ami, que j'avais peur que notre couple ne survive pas, mais que si nous en sortions unis, ça voudrait dire que notre amour a été le plus fort.

Je pense que la stérilité pose deux niveaux de difficultés :
celui dont tu parles : pourquoi sommes-nous ensemble ?
l'autre : comment allons-nous surmonter les épreuves physiques et psychologique dues aux traitements et aux espoirs déçus.

Les deux s'entremêlent.... d'où une situation de souffrance qui peut etre aigue...

Merci d'avoir partagé ton histoire.
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